Cannes - Le Suquet, le charme de la vieille ville
Au Suquet, la demande reste soutenue
Cannes, une commune de 70.600 habitants, s’étend sur 8,8 km de long et 4,5 km de large. Passé le Mont Chevalier, à l’ouest, le Suquet, qui culmine à 60 mètres, offre une vue magnifique sur la ville, la Grande Bleue et les îles de Lérins. Le très coloré marché de Forville bat son plein en contrebas. Ponctuées de platanes, les allées de La Liberté longent la Méditerranée, jusqu’au quai Saint-Pierre et à la jetée Albert-Edouard, où les plaisanciers arriment leurs superbes yachts.
« Le quartier authentique, dont les prémisses remontent à l’époque médiévale, conserve un esprit village », décrit Régis Ramette de l’agence "John Taylor". « Le parc immobilier ancien se caractérise par des maisons étroites édifiées sur plusieurs niveaux. Le rez-de-chaussée abrite la salle à manger et la cuisine, le deuxième étage, le séjour, et le troisième, deux chambres. Les escaliers sont systématiques, les fenêtres, petites, les ascenseurs et stationnements, inexistants. Les extérieurs, une denrée rare dans le coin, se négocient à prix d’or. » Avisée et déterminée, la clientèle fait l’impasse sur ces menus désagréments au nom du caractère architectural et de l’accessibilité pédestre des plages et de la rue d’Antibes. 60 % des acquisitions relèvent de l’installation en principal, 40 %, du secondaire. Anglais, Belges, Hollandais et Scandinaves manifestent un vif intérêt pour la vieille pierre. Plus que tout autre, le site hétérogène affiche d’importants écarts de prix. Sans panorama et introduit par des parties communes peu attractives, l’appartement débute à 150.000 €. L’an dernier, une unité de 90 m2 sous les toits face au port, entièrement rénovée et équipée d’une domotique dernier cri, trouve preneur à plus de 1,5 M €. La transaction moyenne oscille entre 300.000 et 400.000 €, la somme généralement requise pour un T3. Quant aux bâtisses à pourvoir en intégralité, elles démarrent à 500.000 €, les étrangers succombant facilement à l’aura de la fameuse tropézienne. Reste quelques biens à rénover. Le Suquet est aussi actif que la Banane, à la différence que cette dernière propose davantage de produits à la vente et des prix d’appel traditionnellement plus élevés.
« La pénurie, conjuguée à la demande soutenue, contribue au maintien de la grille tarifaire. Si les valeurs n’ont pas manifesté de tendance particulière à la baisse malgré une conjoncture économique défavorable, les délais d’écoulement sont passés de 30 à 60 jours. Après un certain flottement, le nombre de concrétisations semble confirmer son accroissement, dopé par la baisse des taux d’intérêt », analyse Régis Masselot d’Immobilière Mer et Montagne. Le Suquet s’inscrit comme un centre de vie. Les rues Saint-Antoine et Meynadier, avec leurs boutiques et leurs bonnes tables ouvertes sur de secrets patios, demeurent animées une bonne partie de la journée. Le marché de Forville assure non seulement la promotion des saveurs méditerranéennes et provençales, mais favorise aussi le lien social. Magasins, école et espace médical… Rien ne manque. Le musée de la Castre et le centre de balnéo construit par le Sofitel drainent de nombreux badauds. Dans l’antre des bobos chics, le segment du fonds de commerce est décidément ultra porteur. Les anciens aficionados de la bourse n’hésitent pas à reporter leurs deniers sur la pierre. Venus de toute l’Europe, ils ciblent sans tarder le périmètre proche du Palais des Festivals et des plages du Midi et tablent sur une exploitation en location saisonnière. L’été, le T2 se négocie 500 € hebdomadaires, 2,5-3 fois plus durant les congrès. Les sociétés y logent volontiers leurs cadres, lorsqu’elles préfèrent héberger leurs clients sur La Croisette ou dans la Banane, des adresses 15-20 % plus onéreuses.
Article de "Maisons et Appartements" le 17/07/2009
Interview de Régis MASSELOT de Estate Service & de Régis RAMETTE de l’agence "John Taylor".